Je n'irai pas plus au sud !
lundi 24 décembre 2007
Il y est
! Le Cap Agulhas pointe sud du continent
africain. Un beau symbole pour Noël. On se doute
que pour arriver là, il lui aura fallu beaucoup
de courage... Il en a trouvé et sous la plus
agréable des formes ! (les
photos)
Mon
dernier message finissait sur une perspective
oenologique alléchante, n’est-ce pas ? Si jusqu'à
Barrydale les vignes sont discrètes, car adossées
à des vallons perpendiculaires à la route
montagneuse du Petit Karoo, à partir de Montagu,
lorsque l’on rejoint la vaste vallée de la
Breede, sur des kilomètres les longs alignements
de ceps porteurs de grains encore verts (les
vendanges ont lieu en février) se disputent
l’espace avec les vergers d’abricotiers ployant
sous les fruits mûrs, de pêchers ou de pruniers.
Mais qu’elles soient, sur la route, cachées ou
ostentatoires, à l’étape le soir, sur la table,
on n’a que l’embarras du choix entre les
meilleurs crus de ces vignes (ceci expliquant en
partie cela, mes étapes sont devenues plus
courtes et les jours de repos plus nombreux, cf.
sur le site la rubrique “progression” !), et bien
sûr je n'ai pas su résister à la tentation
– naturam expelles
furco, tamen usque recurrit
–,
jugez-en plutôt.
/12/07 : BERGWATER, Prince Albert Valley, Cabernet Sauvignon (2004), 14°.
Agréable au nez, bel arôme, charpenté comme un vin du Sud-ouest plein de soleil, pourrait vieillir encore un peu, bon petit reste de tanin sur les papilles, un peu d’amertume, petit goût d’anis, sans doute un peu trop alcoolisé, mais qu’il est bon, qu’il est bon… j’en re-veux !
10/12/07 : BERGWATER, Prince Albert Valley, Sauvignon Blanc (2007).
Pas terrible, peu goûteux, fade, rien à voir avec le Cabernet Sauvignon de hier (mais je suis mauvaise langue car je suis surtout amateur de vins rouges).13/12/07 : LADISMITH CELLAR, “Towerkop” Shiraz (2007), 14°.
Belle couleur, beaucoup plus léger que ce que j’imaginais du Shiraz (je le croyais lourd et dur, un vin trop abrasif pour ne pas être coupé avec un autre cépage), un peu métallique tout de même, sans doute un peu trop jeune, assez pauvre en arôme, un peu comme un petit vin de pays. Bref, c’est sans plus pour moi.
14/12/07 : BARRYDALE CELLAR, “Merchants Mark” Merlot (2004), 14,5°.
Doux en bouche, léger malgré son degré d’alcool, tanin léger, très léger arôme de mûres, je lui préfère le premier Cabernet Sauvignon, mais je n’ai pas l’impression d’y perdre mon argent (sept euros).
16/12/07 : MONTAGU WINE COMPAGNY, Pinotage (2007), 13,5°.
Superbe couleur carmin au remplissage du verre, couleur plus soutenue au repos. Doux en bouche, pas d’acidité, pas d’amertume, pas de pétillant, arôme net de menthe et fruits des bois. Moins corsé que le Cabernet Sauvignon du premier soir, mais moins astringent que le Shiraz ou le Merlot. J’aime bien, et les femmes l’aimeraient aussi (elles n’aiment généralement pas les vins assez lourds). Bien que jeune il est déjà très goûteux (si je n’avais pas vu l’étiquette, je lui aurais donné trois ou quatre ans d'âge), mais ce n’est pas un vin de garde puisque sur l’étiquette il est indiqué « à boire dés maintenant et de préférence avant trois ou quatre ans ». Je ne connaissais pas le Pinotage, mais je ne suis pas déçu, bon plan !
17/12/07 : ROOIBERG WINERY, Robertson Valley, Cabernet Sauvignon Merlot (2006), 13,5°.
Drôle de mélange a priori. Poivré, plutôt léger, mais manque un peu de rondeur, peut-être n’était-il pas adapté à mon repas (un curry de poulet aux épices indiennes), il passe bien, mais il me paraît un peu quelconque (est-ce déjà la lassitude ?). En tout cas, ce n’est pas mon préféré, même si ça reste du bon vin. Sur l’étiquette il est inscrit “Ruby”, c’est vrai qu’il a de beaux reflets.
20/12/07 : BON COURAGE (Robertson area), Pinotage (2004), 14°.
C'est vraiment bon le Pinotage, même si celui-ci est un peu cher (12 euros, prix restaurant). Doux, sans tanin, sans aucune espèce d'aigreur ou de pétillement, avec mes lasagnes c'est extra. J'ai du mal à détecter l'arôme, peut-être la vanille. Ça se boit comme du petit-lait. Mais il ne se marie pas bien avec le sucré : ce soir, alors que ce n'est pas mon habitude, j'ai pris un dessert, il est excellent (cheesecake avec coulis de mûres) mais il gâche le Pinotage.
Vous aurez compris que je prends un véritable plaisir à découvrir ce royaume de Bacchus aux breuvages fantastiques, raffinés, exquis, enchanteurs, enivrants, euphorisants..., et pas seulement les liquides, la table est en effet tout aussi savoureuse, subtile, étonnante, gargantuesque ; je suis en train de faire exploser mon budget (et mon ventre) en soirées gastronomiques, tentant timidement de compenser l'addition par des hébergements plutôt en camping qu'en guesthouse. Aux plaisirs de la table s'ajoute celui des yeux, la région est en effet de toute beauté. La route de Robertson à Bonievale, par exemple, n'est pas une Départementale, c'est une allée princière, que dis-je, royale. A l'horizon, un beau massif montagneux vert et gris, noyé dans la brume de chaleur, donne un arrière-plan de carte postale ; au premier plan, à droite comme à gauche de la route, des vignes vertes impeccablement alignées et taillées sont partiellement cachées derrière une double barrière esthétique : d'abord une rangée d'arbres (des ifs ou des oliviers, ou encore des petits chênes, parfois des eucalyptus ou des saules pleureurs, souvent des jacarandas en fleur couleur lilas, et même parfois des palmiers), ensuite, comme talus de bas-côtés, des massifs de fleurs aux couleurs éclatantes (ici des rosiers rouges et blancs, là des édredons de glaïeuls rouge vif, plus loin des plantes grasses exotiques jaunes pimpantes, et là-bas des fleurs en grosses boules violettes comme des chrysanthèmes plus aérés, et encore plus loin des sortes de pétunias plantés en alternance avec des cactus et des gerbes de sisal), tout est harmonieusement soigné, arrosé, bien tondu, on a l'impression de rouler dans un jardin de Le Nôtre, même les panneaux indicateurs me sourient et me souhaitent “Bon courage”... mais où suis-je ? Quel raffinement ! Où sont les sauvages ? En Afrique ou en Europe ? J'y perds mon latin...
C'est avec regret que, après dix jours de bombance, je quitte finalement cette route des vins pour filer plein Sud… tant que c’est possible en deux-roues. Ce fût d’abord une première journée de vélo à travers l’Overberg agricole, un patchwork vallonné de vastes champs de blé récemment moissonnés et de prairies vertes où paissent tranquillement moutons et vaches laitières ; puis une assez courte deuxième journée de vélo pour rejoindre, à Arnison, l’Océan Indien une dernière fois cette année et retrouver les couleurs de la côte sud-est de Zanzibar : le blanc aveuglant du sable et le bleu émeraude rafraîchissant des vagues. Mais les vraies retrouvailles de cette deuxième étape vers le Sud, ce furent celles d’avec Valeska et Phillip qui, comme prévu et espéré (lorsque l’on s’est quitté à la frontière de la Zambie il y a un mois, on s’est donné rendez-vous – mais sans réelle promesse, car à vélo on ne peut jamais savoir exactement où l’on sera dans un mois – à Noël au Cap Agulhas), m’ont déniché en fin d’après-midi au camping municipal de Bredasdorp. Quel timing après des milliers de kilomètres à vélo chacun de son côté !
Enfin, une troisième journée on bike, en trio cette fois-ci, contre un vent à décorner les boeufs, nous mena péniblement plein Sud jusqu’à Strussbaai où, au détour d’un virage, nous vîmes enfin pointer à l’horizon le phare rouge et blanc de L’Agulhas… encore cinq kilomètres, le vent est infernal mais le but est si proche qu’il n’a pas de prise sur notre quiète détermination… quatre kilomètres, un oeil sur le phare, un oeil sur la côte rocheuse éclaboussée par l’écume des vagues tumultueuses du cap… trois kilomètres, le phare grossit à chaque coup de pédale… deux kilomètres, on entre dans L’Agulhas, petit village devenu touristique… un kilomètre, la route devient une piste, nous doublons le phare, la piste s’enfonce entre les rochers, face à nous il n’y a plus que l’océan (que dis-je, LES océans !)… trente-cinq mètres, la piste devient un mauvais sentier, un peu de concentration pour ne pas chuter ici, ça serait trop bête… voilà, nous y sommes… si, si, je vous assure, c’est bien ici… d’abord, c’est indiqué sur la plaque, à gauche l’Océan Indien, à droite l’Océan Atlantique, c’est bien le cap le plus au sud du continent africain… le vrai bonheur d’être arrivé au bout du bout… je n’irai donc pas plus au Sud…
/12/07 : BERGWATER, Prince Albert Valley, Cabernet Sauvignon (2004), 14°.
Agréable au nez, bel arôme, charpenté comme un vin du Sud-ouest plein de soleil, pourrait vieillir encore un peu, bon petit reste de tanin sur les papilles, un peu d’amertume, petit goût d’anis, sans doute un peu trop alcoolisé, mais qu’il est bon, qu’il est bon… j’en re-veux !
10/12/07 : BERGWATER, Prince Albert Valley, Sauvignon Blanc (2007).
Pas terrible, peu goûteux, fade, rien à voir avec le Cabernet Sauvignon de hier (mais je suis mauvaise langue car je suis surtout amateur de vins rouges).13/12/07 : LADISMITH CELLAR, “Towerkop” Shiraz (2007), 14°.
Belle couleur, beaucoup plus léger que ce que j’imaginais du Shiraz (je le croyais lourd et dur, un vin trop abrasif pour ne pas être coupé avec un autre cépage), un peu métallique tout de même, sans doute un peu trop jeune, assez pauvre en arôme, un peu comme un petit vin de pays. Bref, c’est sans plus pour moi.
14/12/07 : BARRYDALE CELLAR, “Merchants Mark” Merlot (2004), 14,5°.
Doux en bouche, léger malgré son degré d’alcool, tanin léger, très léger arôme de mûres, je lui préfère le premier Cabernet Sauvignon, mais je n’ai pas l’impression d’y perdre mon argent (sept euros).
16/12/07 : MONTAGU WINE COMPAGNY, Pinotage (2007), 13,5°.
Superbe couleur carmin au remplissage du verre, couleur plus soutenue au repos. Doux en bouche, pas d’acidité, pas d’amertume, pas de pétillant, arôme net de menthe et fruits des bois. Moins corsé que le Cabernet Sauvignon du premier soir, mais moins astringent que le Shiraz ou le Merlot. J’aime bien, et les femmes l’aimeraient aussi (elles n’aiment généralement pas les vins assez lourds). Bien que jeune il est déjà très goûteux (si je n’avais pas vu l’étiquette, je lui aurais donné trois ou quatre ans d'âge), mais ce n’est pas un vin de garde puisque sur l’étiquette il est indiqué « à boire dés maintenant et de préférence avant trois ou quatre ans ». Je ne connaissais pas le Pinotage, mais je ne suis pas déçu, bon plan !
17/12/07 : ROOIBERG WINERY, Robertson Valley, Cabernet Sauvignon Merlot (2006), 13,5°.
Drôle de mélange a priori. Poivré, plutôt léger, mais manque un peu de rondeur, peut-être n’était-il pas adapté à mon repas (un curry de poulet aux épices indiennes), il passe bien, mais il me paraît un peu quelconque (est-ce déjà la lassitude ?). En tout cas, ce n’est pas mon préféré, même si ça reste du bon vin. Sur l’étiquette il est inscrit “Ruby”, c’est vrai qu’il a de beaux reflets.
20/12/07 : BON COURAGE (Robertson area), Pinotage (2004), 14°.
C'est vraiment bon le Pinotage, même si celui-ci est un peu cher (12 euros, prix restaurant). Doux, sans tanin, sans aucune espèce d'aigreur ou de pétillement, avec mes lasagnes c'est extra. J'ai du mal à détecter l'arôme, peut-être la vanille. Ça se boit comme du petit-lait. Mais il ne se marie pas bien avec le sucré : ce soir, alors que ce n'est pas mon habitude, j'ai pris un dessert, il est excellent (cheesecake avec coulis de mûres) mais il gâche le Pinotage.
Vous aurez compris que je prends un véritable plaisir à découvrir ce royaume de Bacchus aux breuvages fantastiques, raffinés, exquis, enchanteurs, enivrants, euphorisants..., et pas seulement les liquides, la table est en effet tout aussi savoureuse, subtile, étonnante, gargantuesque ; je suis en train de faire exploser mon budget (et mon ventre) en soirées gastronomiques, tentant timidement de compenser l'addition par des hébergements plutôt en camping qu'en guesthouse. Aux plaisirs de la table s'ajoute celui des yeux, la région est en effet de toute beauté. La route de Robertson à Bonievale, par exemple, n'est pas une Départementale, c'est une allée princière, que dis-je, royale. A l'horizon, un beau massif montagneux vert et gris, noyé dans la brume de chaleur, donne un arrière-plan de carte postale ; au premier plan, à droite comme à gauche de la route, des vignes vertes impeccablement alignées et taillées sont partiellement cachées derrière une double barrière esthétique : d'abord une rangée d'arbres (des ifs ou des oliviers, ou encore des petits chênes, parfois des eucalyptus ou des saules pleureurs, souvent des jacarandas en fleur couleur lilas, et même parfois des palmiers), ensuite, comme talus de bas-côtés, des massifs de fleurs aux couleurs éclatantes (ici des rosiers rouges et blancs, là des édredons de glaïeuls rouge vif, plus loin des plantes grasses exotiques jaunes pimpantes, et là-bas des fleurs en grosses boules violettes comme des chrysanthèmes plus aérés, et encore plus loin des sortes de pétunias plantés en alternance avec des cactus et des gerbes de sisal), tout est harmonieusement soigné, arrosé, bien tondu, on a l'impression de rouler dans un jardin de Le Nôtre, même les panneaux indicateurs me sourient et me souhaitent “Bon courage”... mais où suis-je ? Quel raffinement ! Où sont les sauvages ? En Afrique ou en Europe ? J'y perds mon latin...
C'est avec regret que, après dix jours de bombance, je quitte finalement cette route des vins pour filer plein Sud… tant que c’est possible en deux-roues. Ce fût d’abord une première journée de vélo à travers l’Overberg agricole, un patchwork vallonné de vastes champs de blé récemment moissonnés et de prairies vertes où paissent tranquillement moutons et vaches laitières ; puis une assez courte deuxième journée de vélo pour rejoindre, à Arnison, l’Océan Indien une dernière fois cette année et retrouver les couleurs de la côte sud-est de Zanzibar : le blanc aveuglant du sable et le bleu émeraude rafraîchissant des vagues. Mais les vraies retrouvailles de cette deuxième étape vers le Sud, ce furent celles d’avec Valeska et Phillip qui, comme prévu et espéré (lorsque l’on s’est quitté à la frontière de la Zambie il y a un mois, on s’est donné rendez-vous – mais sans réelle promesse, car à vélo on ne peut jamais savoir exactement où l’on sera dans un mois – à Noël au Cap Agulhas), m’ont déniché en fin d’après-midi au camping municipal de Bredasdorp. Quel timing après des milliers de kilomètres à vélo chacun de son côté !
Enfin, une troisième journée on bike, en trio cette fois-ci, contre un vent à décorner les boeufs, nous mena péniblement plein Sud jusqu’à Strussbaai où, au détour d’un virage, nous vîmes enfin pointer à l’horizon le phare rouge et blanc de L’Agulhas… encore cinq kilomètres, le vent est infernal mais le but est si proche qu’il n’a pas de prise sur notre quiète détermination… quatre kilomètres, un oeil sur le phare, un oeil sur la côte rocheuse éclaboussée par l’écume des vagues tumultueuses du cap… trois kilomètres, le phare grossit à chaque coup de pédale… deux kilomètres, on entre dans L’Agulhas, petit village devenu touristique… un kilomètre, la route devient une piste, nous doublons le phare, la piste s’enfonce entre les rochers, face à nous il n’y a plus que l’océan (que dis-je, LES océans !)… trente-cinq mètres, la piste devient un mauvais sentier, un peu de concentration pour ne pas chuter ici, ça serait trop bête… voilà, nous y sommes… si, si, je vous assure, c’est bien ici… d’abord, c’est indiqué sur la plaque, à gauche l’Océan Indien, à droite l’Océan Atlantique, c’est bien le cap le plus au sud du continent africain… le vrai bonheur d’être arrivé au bout du bout… je n’irai donc pas plus au Sud…
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