Le Sud-Est burkinabais, un superbe itinéraire VTT
jeudi 28 décembre 2006
Bruno nous préparerait-il une carrière de guide
touristique ? Peut-être pas, mais il en est tout
de même à concevoir et proposer des
itinéraires... sportifs tout de même ! (Les
images sont ici)
Si vous
regardez la carte du Burkina Faso éditée par
l'IGN, vous pouvez construire un itinéraire qui
longe les frontières du Ghana, du Togo et du
Bénin. A priori, compte tenu de la légende de la
carte, vous devriez progresser sur de belles
pistes de latérite, voire parfois des portions
asphaltées. Une fois sur place, vous aurez alors
des surprises agréables si vous aimez le VTT, car
les supposées belles pistes de latérite sont en
fait parfois de simples chemins étroits pour
vélos. Et c'est alors un vrai régal que de
cheminer sur ces sentes sinueuses, en évitant ici
une souche, là un bosquet, plus loin une chèvre,
ou encore une racine, un bloc de pierre... en
négociant des passages caillouteux un peu
scabreux (mais pas trop, juste ce qu'il faut pour
le plaisir de la conduite), en tentant de passer
sans poser pied à terre des gués sablonneux secs,
etc.
J'indique donc de manière un peu détaillée cet itinéraire de neuf ou dix jours pour les amateurs de VTT et de découverte de la brousse profonde ou des villages africains très isolés des axes routiers. Toutes les étapes ne sont pas du même intérêt, ce qui pourrait justifier de faire cette ballade avec un véhicule d'accompagnement pour sauter les portions moins intéressantes, véhicule que l'on retrouve à l'étape et donc qui permet de rouler sans sacoches... ce qui n'est pas un luxe !
1. On peut par exemple démarrer de LEO et prendre la piste de latérite qui mène à BIEHA (34 kilomètres de mise en jambes) ; là il est préférable d’aller spontanément se présenter au poste de police car ils sont un peu susceptibles, la frontière n'étant pas bien loin, puis déjeuner tranquillement avant de prendre la petite piste très agréable (pas indiquée sur la carte) qui traverse la réserve de SISSILI et le parc de NAZINGA... ambiance brousse assurée. Nuit au Ranch de Nazinga après 66 kilomètres.
2. Le lendemain, traversée du parc de NAZINGA vers le Nord-est... toujours l'ambiance brousse, mais c'est un peu exigeant coté physique car sur les 35 kilomètres dans le parc il y a pas mal de passages sablonneux à négocier et un peu de tôle ondulée (il ne vient jamais de vélo ici, c'est pourquoi il n'y a pas de trace à côté de la tôle ondulée ; pour preuve le tarif d'entrée des véhicules dans le parc est très complet - même le tarif pour les ULM est prévu - mais il n'y a pas de rubrique "vélo")... mais bon, avec un peu de chance vous pédalerez à proximité d'éléphants, de gazelles et de babouins tout étonnés de vous voir ainsi montés. Après le parc, il reste 22 kilomètres de liaison, moins intéressants, jusqu'à PO.
3. Jour suivant, petite étape de liaison sans intérêt particulier pour les amateurs de VTT, cela permet de rouler tranquille après l'étape de brousse un peu éprouvante de la veille : PO - TIEBELE (34 kilomètres), et l'intérêt est d'atteindre le superbe village de Tiébélé (cf. mon message précédent).
4. Jour suivant, encore une sorte de liaison sur piste de latérite standard entre TIEBELE et ZABRE (50 kilomètres) que l'on peut éventuellement sauter si on a un véhicule d'accompagnement.
5. Le régal pour les amateurs de VTT : à ZABRE, ne pas suivre la carte, mais au carrefour principal du bourg, prendre la direction de BEKA, puis aller en direction du fleuve NAKAMBE (à traverser en pirogue) pour aller à BITOU (une cinquantaine de kilomètres). C'est une petite sente hyper agréable à faire à vélo, il faut seulement ne pas hésiter à demander son chemin (pas toujours évident car dans ces villages perdus peu de gens parlent français, même Salia avait du mal à dialoguer car les locaux s'exprimaient dans leur propre langue), car les risques d'erreur sont nombreux (nombreuses intersections de petits chemins). On peut faire étape à BITOU ; nous, nous avons opté pour une plus longue étape (109 kilomètres au total) en continuant, d'abord par 25 kilomètres de goudron sur la route du Togo (si on peut éviter cela, c'est pas plus mal !) et, ensuite, par une quarantaine de kilomètres à nouveau sur une superbe piste pour vélo très isolée après avoir quitté la Nationale 16 en direction de YARGATENGA puis SANGA. Entre ces deux bourgs, la carte mentionne une belle route, mais, comme nous l'a dit le maire de SANGA, "cette route existait à l'époque coloniale, aujourd'hui c'est le sentier que vous avez pris, mais vous savez plus personne n'emprunte ce chemin, sauf pour aller dans les champs, tout le monde passe par la nouvelle route, plus longue, qui transite par le poste frontalier de Senkansé par le Sud".
6. Étape suivante, encore du VTT en veux-tu en voilà ! De SANGA à PAMA (75 kilomètres) via KOMPIEMBIGA et donc sans suivre ce que la carte indique. Itinéraire en petites sentes, très isolé... mais ce jour-là nous n'avons que modérément eu le temps d'apprécier la ballade car c'était la journée des crevaisons ; cela dit, c'était super, on a même eu droit ... à un contrôle d'identité presque musclé, en pleine brousse, incroyable, improbable ! Trois motos tout terrain, deux policiers casqués par moto, tous en gilet pare-balles et mitraillettes au poing nous surprennent en pleine réparation de chambre à air ; cernés par ces armes pointées vaguement sur nous, nous sommes impressionnés, mais très vite le gradé ôte son casque et nous dit "vous êtes invités à décliner votre identité"... c'était une des patrouilles de sécurisation des zones frontalières qui pourchassent les coupeurs de route, ces braqueurs parfois dangereux pour qui lesdites zones frontalières constituent souvent des refuges après leurs attaques (normalement à vélo, ça ne craint rien, qui voudrait attaquer un pauvre paysan à vélo sans le sou, mais avec ma couleur de peau, le gradé m'a tout de même conseillé de ne pas rouler après 18h00, c'est-à-dire de nuit).
Ensuite, pour les trois étapes suivantes, c'est la traversée de la réserve puis du parc d'Arly, donc c’est une ambiance de brousse sur des pistes de 4x4, peut-être un peu moins plaisantes pour la conduite en VTT, mais l’isolement est garanti (peu de villages, quelques animaux sauvages) :
7. PAMA - TAMBARGA : 70 kilomètres (dont 15 sur le goudron de la route du Bénin)
8. TAMBARGA - ARLY : 34 kilomètres de brousse
9. ARLY - DIAPAGA : 79 kilomètres (dont 27 de large piste rectiligne en latérite à la fin, c'est-à-dire après NAMOUDOU)
Fous de VTT et d’Afrique authentique, vous n'avez plus qu'à prendre votre billet pour Ouaga !
J'indique donc de manière un peu détaillée cet itinéraire de neuf ou dix jours pour les amateurs de VTT et de découverte de la brousse profonde ou des villages africains très isolés des axes routiers. Toutes les étapes ne sont pas du même intérêt, ce qui pourrait justifier de faire cette ballade avec un véhicule d'accompagnement pour sauter les portions moins intéressantes, véhicule que l'on retrouve à l'étape et donc qui permet de rouler sans sacoches... ce qui n'est pas un luxe !
1. On peut par exemple démarrer de LEO et prendre la piste de latérite qui mène à BIEHA (34 kilomètres de mise en jambes) ; là il est préférable d’aller spontanément se présenter au poste de police car ils sont un peu susceptibles, la frontière n'étant pas bien loin, puis déjeuner tranquillement avant de prendre la petite piste très agréable (pas indiquée sur la carte) qui traverse la réserve de SISSILI et le parc de NAZINGA... ambiance brousse assurée. Nuit au Ranch de Nazinga après 66 kilomètres.
2. Le lendemain, traversée du parc de NAZINGA vers le Nord-est... toujours l'ambiance brousse, mais c'est un peu exigeant coté physique car sur les 35 kilomètres dans le parc il y a pas mal de passages sablonneux à négocier et un peu de tôle ondulée (il ne vient jamais de vélo ici, c'est pourquoi il n'y a pas de trace à côté de la tôle ondulée ; pour preuve le tarif d'entrée des véhicules dans le parc est très complet - même le tarif pour les ULM est prévu - mais il n'y a pas de rubrique "vélo")... mais bon, avec un peu de chance vous pédalerez à proximité d'éléphants, de gazelles et de babouins tout étonnés de vous voir ainsi montés. Après le parc, il reste 22 kilomètres de liaison, moins intéressants, jusqu'à PO.
3. Jour suivant, petite étape de liaison sans intérêt particulier pour les amateurs de VTT, cela permet de rouler tranquille après l'étape de brousse un peu éprouvante de la veille : PO - TIEBELE (34 kilomètres), et l'intérêt est d'atteindre le superbe village de Tiébélé (cf. mon message précédent).
4. Jour suivant, encore une sorte de liaison sur piste de latérite standard entre TIEBELE et ZABRE (50 kilomètres) que l'on peut éventuellement sauter si on a un véhicule d'accompagnement.
5. Le régal pour les amateurs de VTT : à ZABRE, ne pas suivre la carte, mais au carrefour principal du bourg, prendre la direction de BEKA, puis aller en direction du fleuve NAKAMBE (à traverser en pirogue) pour aller à BITOU (une cinquantaine de kilomètres). C'est une petite sente hyper agréable à faire à vélo, il faut seulement ne pas hésiter à demander son chemin (pas toujours évident car dans ces villages perdus peu de gens parlent français, même Salia avait du mal à dialoguer car les locaux s'exprimaient dans leur propre langue), car les risques d'erreur sont nombreux (nombreuses intersections de petits chemins). On peut faire étape à BITOU ; nous, nous avons opté pour une plus longue étape (109 kilomètres au total) en continuant, d'abord par 25 kilomètres de goudron sur la route du Togo (si on peut éviter cela, c'est pas plus mal !) et, ensuite, par une quarantaine de kilomètres à nouveau sur une superbe piste pour vélo très isolée après avoir quitté la Nationale 16 en direction de YARGATENGA puis SANGA. Entre ces deux bourgs, la carte mentionne une belle route, mais, comme nous l'a dit le maire de SANGA, "cette route existait à l'époque coloniale, aujourd'hui c'est le sentier que vous avez pris, mais vous savez plus personne n'emprunte ce chemin, sauf pour aller dans les champs, tout le monde passe par la nouvelle route, plus longue, qui transite par le poste frontalier de Senkansé par le Sud".
6. Étape suivante, encore du VTT en veux-tu en voilà ! De SANGA à PAMA (75 kilomètres) via KOMPIEMBIGA et donc sans suivre ce que la carte indique. Itinéraire en petites sentes, très isolé... mais ce jour-là nous n'avons que modérément eu le temps d'apprécier la ballade car c'était la journée des crevaisons ; cela dit, c'était super, on a même eu droit ... à un contrôle d'identité presque musclé, en pleine brousse, incroyable, improbable ! Trois motos tout terrain, deux policiers casqués par moto, tous en gilet pare-balles et mitraillettes au poing nous surprennent en pleine réparation de chambre à air ; cernés par ces armes pointées vaguement sur nous, nous sommes impressionnés, mais très vite le gradé ôte son casque et nous dit "vous êtes invités à décliner votre identité"... c'était une des patrouilles de sécurisation des zones frontalières qui pourchassent les coupeurs de route, ces braqueurs parfois dangereux pour qui lesdites zones frontalières constituent souvent des refuges après leurs attaques (normalement à vélo, ça ne craint rien, qui voudrait attaquer un pauvre paysan à vélo sans le sou, mais avec ma couleur de peau, le gradé m'a tout de même conseillé de ne pas rouler après 18h00, c'est-à-dire de nuit).
Ensuite, pour les trois étapes suivantes, c'est la traversée de la réserve puis du parc d'Arly, donc c’est une ambiance de brousse sur des pistes de 4x4, peut-être un peu moins plaisantes pour la conduite en VTT, mais l’isolement est garanti (peu de villages, quelques animaux sauvages) :
7. PAMA - TAMBARGA : 70 kilomètres (dont 15 sur le goudron de la route du Bénin)
8. TAMBARGA - ARLY : 34 kilomètres de brousse
9. ARLY - DIAPAGA : 79 kilomètres (dont 27 de large piste rectiligne en latérite à la fin, c'est-à-dire après NAMOUDOU)
Fous de VTT et d’Afrique authentique, vous n'avez plus qu'à prendre votre billet pour Ouaga !
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