Roule ma poule !
lundi 09 octobre 2006
Débuts laborieux semble-t'il, mais il le
savait... Quitter Dakar en vélo n'est pas une
mince affaire. Et quand en plus la météo s'en
mêle ! (premières images)
J'avais
décidé de partir tôt vu la canicule. "A six
heures", avais-je dit à l'aubergiste. Mais à cinq
heures quarante-cinq au réveil, il faisait encore
nuit. Curieux. J'attends un peu et l'explication
arrive une demi-heure plus tard : une pluie
tropicale s'abat sur Dakar, les nuages ont
retardé le jour. Heureusement que je n'avais pas
pris la route nuitamment. Soit le bon Dieu m'a à
la bonne, soit j'ai une elfe protectrice : avec
cette pluie, la chaleur qui m'effrayait tant
devrait être supportable. J'attends que l'averse
se calme et finalement j'enfourche ma petite
reine (il faudra que je lui trouve un nom) vers
sept heures trente. Roule ma poule !
Quitter Dakar sur deux roues est, je le sais, une épreuve, le baptême du feu. Je suis servi : il pleuvote, le goudron est glissant, les bas cotés de sable et de boue envahissent de ci de là la chaussée, le trafic est déjà soutenu et s'accroît de minute en minute, je ne peux éviter les flaques d'eau car il faudrait faire une embardée, je serre les dents à chaque fois car une flaque peut cacher un gros nid de poule, mais bon, progressivement j'avance, j'avance sur les quatre voies de la banlieue dakaroise, j'ai l'oeil aux aguets sur les taxis collectifs qui font du stop and go sans trop regarder derrière lorsqu'il repartent ; mais l'allure du trafic est assez lente, cela me rassure, il y a pas mal de bouchons, et me faufilant il m'arrive de dépasser un taxi collectif qui m'a doublé peu avant. Après une heure ainsi, je suis bien trempé, mais il ne fait pas froid, ce n'est donc pas la peine de mettre une cape de pluie (encore que la mienne étant orange vif, ça pourrait me servir d'avertisseur visuel) ; le pire se sont les semi-remorques, leurs pots d'échappement sont à hauteur de narines, si je ne ressors pas avec une bronchopneumonie c'est que je peux fumer deux paquets de Gauloises par jour sans risque. Peu a peu le trafic s'étale, les véhicules prennent de la vitesse (naturellement il n'y a aucun deux-roues à part moi et quelques rares scooters), adieu Dakar, je suis maintenant sur une large trois voies, bordée de deux murs de verdure, mais je ne vois pas grand-chose, les véhicules projettent en effet une sorte de bruine boueuse qui vient plâtrer mes lunettes.
J'ai pris maintenant mon rythme, entre 15 et 25 kilométres-heure selon le trafic, la déclivité de la route - c'est pour l'essentiel plat - l'état de la route - le plus souvent c'est nickel -. J'ai voulu prendre une photo de cette route de grisaille, mais à peine avais-je sorti l'appareil qu'une nuée de gamins est sortie de nul part pour me faire la manche avec une certaine insistance - c'est, semble-t-il, normal en cette période de ramadan - ; j'ai eu vite fait de tout remballer et de partir car je ne suis pas à l'aise à l'arrêt, le vélo est assez instable du fait de la lourdeur des sacoches et je n'ai donc pas une grande liberté de mouvement, alors que ces gamins...
Il n'y aura pas beaucoup d'autres arrêts et il n'y aura pas de photos, car la pluie incessante n'incite pas à traînasser, d'ailleurs il n'y a personne qui traîne au bord des routes, les échoppes sont vides, et donc je roule, je roule, je roule... Cette fois-ci je suis vraiment parti... fini l'angoisse de l'avant départ, il a fondu sous la pluie. Aprés 68 kilométres en trois heures et demi environ, j'arrive à Thies... un hôtel, une douche, une gazelle - bière locale - pour fêter cette première étape, un riz gras au poisson, et je vais tenter de faire des réglages mécaniques du vélo : ce que je ne voulais pas qu'il m'arriva est arrivé, la patte de dérailleur a été tordue dans la soute de l'avion, à Dakar je l'ai détordue et j'ai essayé de faire de nouveaux réglages, mais les bruits de chaîne d'aujourd'hui montrent à l'évidence que le réglage n'est pas bon, je sens que je vais regretter l'expertise et la présence de Christophe...
Demain, je reprends la route, il ne pleuvra pas, ce sera une autre épreuve, mais après les épreuves il y aura les plaisirs...
Quitter Dakar sur deux roues est, je le sais, une épreuve, le baptême du feu. Je suis servi : il pleuvote, le goudron est glissant, les bas cotés de sable et de boue envahissent de ci de là la chaussée, le trafic est déjà soutenu et s'accroît de minute en minute, je ne peux éviter les flaques d'eau car il faudrait faire une embardée, je serre les dents à chaque fois car une flaque peut cacher un gros nid de poule, mais bon, progressivement j'avance, j'avance sur les quatre voies de la banlieue dakaroise, j'ai l'oeil aux aguets sur les taxis collectifs qui font du stop and go sans trop regarder derrière lorsqu'il repartent ; mais l'allure du trafic est assez lente, cela me rassure, il y a pas mal de bouchons, et me faufilant il m'arrive de dépasser un taxi collectif qui m'a doublé peu avant. Après une heure ainsi, je suis bien trempé, mais il ne fait pas froid, ce n'est donc pas la peine de mettre une cape de pluie (encore que la mienne étant orange vif, ça pourrait me servir d'avertisseur visuel) ; le pire se sont les semi-remorques, leurs pots d'échappement sont à hauteur de narines, si je ne ressors pas avec une bronchopneumonie c'est que je peux fumer deux paquets de Gauloises par jour sans risque. Peu a peu le trafic s'étale, les véhicules prennent de la vitesse (naturellement il n'y a aucun deux-roues à part moi et quelques rares scooters), adieu Dakar, je suis maintenant sur une large trois voies, bordée de deux murs de verdure, mais je ne vois pas grand-chose, les véhicules projettent en effet une sorte de bruine boueuse qui vient plâtrer mes lunettes.
J'ai pris maintenant mon rythme, entre 15 et 25 kilométres-heure selon le trafic, la déclivité de la route - c'est pour l'essentiel plat - l'état de la route - le plus souvent c'est nickel -. J'ai voulu prendre une photo de cette route de grisaille, mais à peine avais-je sorti l'appareil qu'une nuée de gamins est sortie de nul part pour me faire la manche avec une certaine insistance - c'est, semble-t-il, normal en cette période de ramadan - ; j'ai eu vite fait de tout remballer et de partir car je ne suis pas à l'aise à l'arrêt, le vélo est assez instable du fait de la lourdeur des sacoches et je n'ai donc pas une grande liberté de mouvement, alors que ces gamins...
Il n'y aura pas beaucoup d'autres arrêts et il n'y aura pas de photos, car la pluie incessante n'incite pas à traînasser, d'ailleurs il n'y a personne qui traîne au bord des routes, les échoppes sont vides, et donc je roule, je roule, je roule... Cette fois-ci je suis vraiment parti... fini l'angoisse de l'avant départ, il a fondu sous la pluie. Aprés 68 kilométres en trois heures et demi environ, j'arrive à Thies... un hôtel, une douche, une gazelle - bière locale - pour fêter cette première étape, un riz gras au poisson, et je vais tenter de faire des réglages mécaniques du vélo : ce que je ne voulais pas qu'il m'arriva est arrivé, la patte de dérailleur a été tordue dans la soute de l'avion, à Dakar je l'ai détordue et j'ai essayé de faire de nouveaux réglages, mais les bruits de chaîne d'aujourd'hui montrent à l'évidence que le réglage n'est pas bon, je sens que je vais regretter l'expertise et la présence de Christophe...
Demain, je reprends la route, il ne pleuvra pas, ce sera une autre épreuve, mais après les épreuves il y aura les plaisirs...
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