Sénégal Oriental, Bonjour !
dimanche 05 novembre 2006
Un feu de brousse, une piscine et un mal de dos
qui a la mauvaise idée de refaire son
apparition... Les tribulations de Bruno
continuent, bientôt le Mali ! (les
images sont ici)
Après la
canicule du Nord et les galères dans les ornières
sablonneuses au sud de Matam, voici le Sénégal
Oriental, une Afrique plus proche de nos
représentations à la "Tintin au Congo", une
Afrique animiste et catholique, une Afrique
verdoyante, une Afrique aux petits villages de
cases. Après Tambacounda, et mon millième
kilomètre de vélo, il m'a fallu affronter la
traversée du parc de Niokolo Koba, 110 kilomètres
de brousse arborée sans village, sans possibilité
de renouvellement du stock d'eau donc, avec comme
seuls partenaires de route, le soleil, une
poignée de taxis-brousse sur toute la journée,
les quatre gardes forestiers du poste de contrôle
à mi-parcours, quelques familles de singes
froussardes, de nombreuses escadrilles d'oiseaux
les uns plus colorés que les autres, dont de
superbes pintades sauvages, une gazelle égarée en
bordure de route qui, après m'avoir lancé un
regard d'étonnement ("quoi, un vélo ?") a fait
une volte-face pour me montrer ses petites fesses
mouchetées de blanc et a pris la fuite par sauts
d'une élégance olympique. Seule inquiétude de la
journée (à part le manque d'eau) : un feu de
brousse en bordure de route... "J'y vais ou j'y
vais pas ? A travers ce rideau de fumée qui ne
permet pas de deviner si plus loin c'est pire ou
si le feu est très circonscrit". J'y suis allé et
finalement un peu plus tard, j'étais content
d'atteindre le pont sur la rivière Gambie qui
signale la sortie du parc et la proximité du
village de Mako, Mako où je séjournerai trois
jours pris par une lombalgie inquiétante (ah, ce
dos ! ma faiblesse !).
Malgré ce handicap, j'ai rejoint Kedougou, le chef-lieu du département, pour une convalescence d'une semaine dans un super campement-hôtel, avec piscine (essentiel pour la remise du dos), un beau jardin surplombant un méandre de la Gambie, un petit paradis où tout le personnel est d'une gentillesse et d’une attention qui sont vraiment appréciables car l'état de mon dos ne m'incite pas à être très optimiste. Je n'ai donc pas pleinement profité de cette région, je suis tout de même allé me balader un peu dans les villages environnants. Ibel et Iwol sont deux villages d'une ethnie très minoritaire, les bediks, historiquement réfugiés, pour échapper aux guerriers du royaume de Guinée, en haut de petites falaises dominant la brousse vallonnée qui sépare le Sénégal de la Guinée. Il faut une bonne demi-heure de sueur pour gravir à pied cette falaise et en haut, on découvre un village traditionnel où vivent quatre familles (environ 400 personnes) ; le terrain est un peu accidenté et entre les blocs de pierre et les baobabs, fromagers et cocotiers, aux emplacements relativement plats sont installées les concessions : quatre ou cinq cases disposées en rond délimitent au centre une cour impeccablement balayée. Sur des nattes, sèchent du maïs, des feuilles de baobab, des arachides, des petites céréales qui ressemblent à du couscous brun. Dans un coin, un foyer de cendres argentées fume encore timidement, à côté une série de calebasses et de canaris de terre cuite est alignée. Il est environ midi, les hommes sont aux champs ou en voyage, les enfants sont à l'école ou avec les troupeaux, seuls les vieux gardent le campement. Je leur offre des noix de kola, il semble que ce soit leur principale attente, avec une noix de kola la journée sera plus agréable et des noix il n'y en a pas tous les jours car cela coûte cent francs CFA pièce (soit un franc français), une fortune pour les personnes âgées qui n'ont aucune ressource et dépendent totalement de la famille.
Peu à peu la douleur dorsale devient plus supportable et il va falloir quitter cette douce région du Sénégal Oriental pour rejoindre Salia qui m'attend à Keniéba au Mali à quelque cent-cinquante kilomètres d'ici. J'en ferai la plus grande partie en voiture, c'est-à-dire jusqu'au fleuve frontière Falémé, car je veux préserver mon dos avant d'entreprendre les pistes maliennes. La prochaine fois, je vous parlerai donc du Mali. Quand ? Je n'en sais rien, car je ne suis pas bien sûr que le Mali soit autant équipé en Internet Cafés que le Sénégal... patience donc mes gazelles et mes gazoux.
Bruno
Malgré ce handicap, j'ai rejoint Kedougou, le chef-lieu du département, pour une convalescence d'une semaine dans un super campement-hôtel, avec piscine (essentiel pour la remise du dos), un beau jardin surplombant un méandre de la Gambie, un petit paradis où tout le personnel est d'une gentillesse et d’une attention qui sont vraiment appréciables car l'état de mon dos ne m'incite pas à être très optimiste. Je n'ai donc pas pleinement profité de cette région, je suis tout de même allé me balader un peu dans les villages environnants. Ibel et Iwol sont deux villages d'une ethnie très minoritaire, les bediks, historiquement réfugiés, pour échapper aux guerriers du royaume de Guinée, en haut de petites falaises dominant la brousse vallonnée qui sépare le Sénégal de la Guinée. Il faut une bonne demi-heure de sueur pour gravir à pied cette falaise et en haut, on découvre un village traditionnel où vivent quatre familles (environ 400 personnes) ; le terrain est un peu accidenté et entre les blocs de pierre et les baobabs, fromagers et cocotiers, aux emplacements relativement plats sont installées les concessions : quatre ou cinq cases disposées en rond délimitent au centre une cour impeccablement balayée. Sur des nattes, sèchent du maïs, des feuilles de baobab, des arachides, des petites céréales qui ressemblent à du couscous brun. Dans un coin, un foyer de cendres argentées fume encore timidement, à côté une série de calebasses et de canaris de terre cuite est alignée. Il est environ midi, les hommes sont aux champs ou en voyage, les enfants sont à l'école ou avec les troupeaux, seuls les vieux gardent le campement. Je leur offre des noix de kola, il semble que ce soit leur principale attente, avec une noix de kola la journée sera plus agréable et des noix il n'y en a pas tous les jours car cela coûte cent francs CFA pièce (soit un franc français), une fortune pour les personnes âgées qui n'ont aucune ressource et dépendent totalement de la famille.
Peu à peu la douleur dorsale devient plus supportable et il va falloir quitter cette douce région du Sénégal Oriental pour rejoindre Salia qui m'attend à Keniéba au Mali à quelque cent-cinquante kilomètres d'ici. J'en ferai la plus grande partie en voiture, c'est-à-dire jusqu'au fleuve frontière Falémé, car je veux préserver mon dos avant d'entreprendre les pistes maliennes. La prochaine fois, je vous parlerai donc du Mali. Quand ? Je n'en sais rien, car je ne suis pas bien sûr que le Mali soit autant équipé en Internet Cafés que le Sénégal... patience donc mes gazelles et mes gazoux.
Bruno
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